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Train SNCF au Féminin à Lyon : rencontre avec Pierre-Yves Ginet

Pierre-Yves Ginet est un spécialiste de la mise en lumière des femmes dans l’information. Ex grand reporter, il est co-fondateur de l’association Femmes ici et ailleurs et du magazine éponyme dont il est le co-rédacteur en chef.

Publié le 27/06/2019 à 9:00

Pierre-Yves Ginet est un spécialiste de la mise en lumière des femmes dans l’information. Ex grand reporter, il est co-fondateur de l’association Femmes ici et ailleurs et du magazine éponyme dont il est le co-rédacteur en chef. Il est aussi conférencier à bord du Train SNCF au Féminin : rencontre avec un homme aussi humble qu’inspirant qui a fait de l’égalité femmes-hommes son cheval de bataille.

 

Votre conférence à bord du Train SNCF au Féminin s’intitule « L’aventure Femmes ici et ailleurs »… Pouvez-vous dire aux personnes qui n’ont pas eu la chance de participer à votre conférence ce qu’est « Femmes ici et ailleurs »? 

C’est une aventure qui a commencé il y a plus de 20 ans en Himalaya Elle est née de rencontres avec des femmes exceptionnelles qui font bouger les lignes de l’égalité femmes/hommes, des droits humains ou encore de l’entrepreneuriat. Ce sont ces rencontres qui nous ont amenéesà ouvrir les yeux sur l’invisibilité des femmes dans les médias. Face au désintérêt des rédactions sur ces témoignagesinspirants, nous avons donc décidé de créer une association pour les mettre en lumière au travers d’expositions. L’engouement du public fut manifeste : nous avons touché ainsi plus d’un million de personnes !

C’est notamment ce qui nous a amené à créer en 2012 un magazine d’information généraliste : Femmes ici et ailleurs, élu meilleur magazine de France aux Top/Com de 2016 et Grand prix de l’égalité femmes hommes catégorie média auPrintemps des fameuses de 2018. C’est un média indépendantqui est animé par cette volonté de donner voix aux femmes inspirantes du monde entier.

Selon le corédacteur en chef que vous êtes, ces femmes ontelles quelque chose en commun ?

À l’heure actuelle, l’égalité n’est nulle part une réalité : elles partagent donc toutes cela. Dans l’ombre de ce patriarcat globalisé, on trouve néanmoins des stratégies d’action très liées et ce, quels que soient les pays et les cultures. C’est aussi je pense cette situation d’inégalité partagée qui a amené la population féminine à développer un courage, une abnégationet une force qui me laissent toujours admiratif. Enfin, elles ont aussi en commun cette désolante invisibilité… Alors même, pour citer un proverbe chinois, qu’« elles portent la moitié du ciel » !

Vous promouvez avec ardeur la mise en visibilité des femmes, notamment dans les médias. Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour qu’enfin les femmes et les hommes soient autant sujets de l’information ?

Le journalisme et l’égalité femmes-hommes sont deux expertises différentes : je ne pense pas qu’il suffise d’atteindre la mixité dans les sphères journalistiques pour obtenir un traitement médiatique équilibré ! Nous avons tous et toutes, femmes et hommes, des stéréotypes. Ma conviction est qu’il est essentiel de former les étudiant·e·s en journalisme commeles journalistes en poste sur le sujet. Cela permettrait de développer une vigilance face aux stéréotypes véhiculés et aux biais de genre dans l’information car ils sont une violence en soi et ils en perpétuent d’autres ! Au-delà d’un besoin de mixité dans la profession et dans les instances dirigeantes, je suis donc convaincu que nous avons surtout besoin de formation.

Il y a aussi des initiatives formidables dans certains médias qui traduisent une volonté de corriger le tir. Je pense au New York Times, qui a embauché Jessica Bennet au poste de gender editor en 2017 ou encore au Temps, qui emploie des stagiaires pour compter et traduire en statistiques la question de la représentation des femmes et d’autres populations actuellement sous-représentées dans les médias. Cela permet de prendre conscience des inégalités de traitement pour enfinrentrer dans une logique d’équilibre.  

Au niveau de la société, je pense qu’il nous faut développer une intransigeance en matière d’égalité. Cela demande de la formation, des moyens… Et un peu de bonne volonté !