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Pour un espace public sans pub sexiste !

​Les équipes de SNCF au Féminin ont assisté, le 27 juin 2018, au colloque « Paris sans pub sexiste ». On en partage avec vous les temps forts.

Publié le 27/06/2018 à 14:18

Gares, abris-bus, métro, vitrines de magasins, unes des journaux en kiosque… Dans l’espace public, la pub est partout. Mais quels sont les risques à montrer des femmes cantonnées à la cuisine et à la parentalité ? Pour Hélène Bidard, Adjointe à la Mairie de Paris, la femme-objet des publicités entretient les stéréotypes, encourage le sexisme ordinaire, banalise la violence faite aux femmes et porte atteinte à l’estime de soi comme celle des autres (82% des femmes estiment que la publicité donne des complexes aux femmes,selon une enquête du CSA).

« L’avenir de nos villes passe par un affichage inclusif non sexiste » a déclaré l’élue. Comment faire ? En éveillant les acteurs et actrices de la création publicitaire française à la notion de sexisme et à ses travers, mais pas seulement. Pour changer les mentalités, c’est toute la société qui doit se mobiliser.

 Changer les mentalités pour faire face au sexisme dans les publicités
Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA a rappelé quelques chiffres issus d’une étude basée sur plus de 2 000 publicités diffusées avant le 20h : 54% d’hommes représentés pour 46% de femmes (alors que l’on compte plus de femmes que d’hommes dans la société française) ; et des rôles pas vraiment avantageux : parmi les expert·e·s mis·es en scène (blouse blanche, quand tu nous impressionnes !), 82% d’hommes pour 18% de femmes.  Parmi les protagonistes représenté·e·s dans leur nudité, 54% sont des femmes.

Heureusement, les engagements pris donnent l’espoir d’un changement imminent : le 6 mars dernierune charte élaborée par le CSA, destinée à éradiquer les stéréotypes sexuels, sexistes et sexués a été signée par de nombreux organismes du secteur de la publicité comme l’UDA, l’ARPP ou l’AACC. L’objectif : progresser chaque année un peu plus sur le sujet. Toujours est-il que pour s’améliorer, il est nécessaire de d’abord parvenir à décrypter ce qui coince.

Décrypter les stéréotypes sexistes
Décrypter les stéréotypes sexistes, c’était le thème de l’intervention de Françoise Vouillot, Maîtresse de conférences en psychologie de l’orientation et Présidente de la commission Lutte contre les stéréotypes sexistes et la répartition des rôles sociaux du HCEfh.

Le sexisme, on comprend à peu près tous et toutes ce que c’est : une « idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes et qui se traduit par des propos, pratiques, et comportements qui discréditent, stigmatisent, humilient et violentent les femmes ». Le problème, nous dit Françoise Vouillot, c’est surtout l’insensibilité à la présence des stéréotypes et du sexisme dans les images et les messages véhiculés dans l’espace public.

Par exemple, quand une publicité explique que « Laura a trouvé un poste à la hauteur de ses rêves » et que « Julien a trouvé un poste à la hauteur de ses ambitions », on voit bien que les discours renforcent à la fois les normes de sexes et leur valence différentielle, pour reprendre l’expression de Françoise Héritier. En d’autres termes : l’idée répandue selon laquelle le masculin vaut plus que le féminin.

« Être anti-sexiste, ce n’est pas censurer » a conclu Christelle Delarue, fondatrice de l’agence Mad&Woman spécialisée dans la communication non-sexiste, « c’est être exigeant·e ». Une exigence qui s’adresse à toutes les parties prenantes : annonceurs, régies, responsables des espaces publics accueillant des supports publicitaires… Mais aussi collaborateurs et collaboratrices des services de communication des organisations. Car finalement, ne sommes-nous pas tou·te·s fier·e·s quand l’entreprise pour laquelle on travaille véhicule des messages d’ouverture et d’inclusion ?