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Patrizia Gatti-Gregori, cheffe de projet et experte en impact environnemental et sanitaire au sein de SNCF Réseau

Avec trois autres femmes de SNCF, elle est en compétition pour les Trophées des femmes de l’Industrie. Elle concourt dans les catégories « Femme du développement durable » et « Femme Internationale ». Portrait.

Publié le 13/09/2018 à 0:00

​Quand vous faites parler Patrizia Gatti-Gregori de son parcours, elle commence par parler de ses passions : « la science, l’environnement, la communication et la philosophie ». De quoi être « tiraillée » au moment de choisir une orientation universitaire. Finalement, c’est pour la géologie qu’elle opte, décrochant le titre de Docteur de l’Université de Padoue après avoir soutenu deux thèses.

Elle quitte l’Italie de ses origines deux ans plus tard pour gagner le Canada, où l’attend un poste dans un centre de recherche appliquée sur les impacts de l’urbanisation sur les ressources en eaux sous-terraines. C’est là que se forge une conviction profonde en elle : « il ne faut pas opposer la protection de l’environnement au développement économique » mais « il est possible d’impulser la performance économique en même temps que la performance environnementale. Comment ? En s’ouvrant à l’innovation et à la collaboration dans toutes ses dimensions ! ». Patrizia sillonne encore le monde plusieurs années, de centre de recherches en labos universitaires. Mais elle a une destination favorite en tête : la France, où elle a « toujours rêvé de vivre ».

Recrutée par SNCF en 2004 pour expertiser les problématiques des nouvelles lignes à grande vitesse vers Strasbourg et vers l’Espagne, elle crée deux ans plus tard le pôle d’études en hydrogéologie de la Direction technique de l’Ingénierie SNCF. En 2009, cette femme de vision veut élargir encore ses horizons professionnels et rejoint la Division Environnement de l’Ingénierie SNCF pour y traiter des thématiques de gestion des sites et sols pollués sur les emprises, d’impact environnemental et sanitaire de la circulation des trains, de transformation de friches industrielles (Avec 34 projets d’éco-quartiers à la clé), de gestion des déchets…

Fine négociatrice, elle ouvre à SNCF Réseau la porte de grands réseaux d’industriels et institutionnels en intégrant les intérêts de parties prenantes aux cultures et objectifs divers, voire parfois contraires. Quand ça grince, elle persévère, certaine que « l’intelligence collective » va gagner la partie. A raison. En 2017, le Département Environnement des Nations Unies l’invite à partager son expertise sur l’équilibre entre profit et gestion durable pour l’achat de bois. L’année suivante, elle lance un réseau international d’utilisateurs et producteurs de bois traité dédié à l’élaboration d’alternatives durables et économiquement viables.

La femme de passions multiples qui s’inquiétait hier de la cohérence de ses aspirations est aujourd’hui une femme qui s’assume pleinement, avec son « style », ses « rêves » et aussi son « accent ». La bascule s’est fait quand elle a « compris que certains hommes désignaient comme des freins à [sa] carrière étaient en réalité [sa]  force ». Un rôle-modèle, assurément, pour d’autres femmes qui, comme elles, veulent conjuguer convictions et ambition.