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En lice pour les trophées des Femmes de l’Industrie 2019 ! #1 : Anne-Sophie Nomblot

Anne-Sophie Nomblot est responsable valorisation des gares… Et intrapreneuse. Participante de la première édition du tout premier programme d’intrapreneuriat du Groupe SNCF lancé à l’initiative de SNCF au Féminin, elle est co-créatrice de La Boutique Eco. Avec deux autres femmes de SNCF, elle est en compétition pour les Trophées des femmes de l’Industrie. Elle concourt dans les catégories « Femme du développement durable » et « Femme Entrepreneure ». Portrait.

Publié le 19/09/2019 à 9:00

On a tou·te·s plus ou moins fait un jour son coming out. Pour Anne-Sophie, fille et petite-fille de garagistes, l’annonce subversive fut : la voiture, comment dire, ce n’est pas mon truc… Je veux effectivement travailler dans les mobilités. Mais côté développement durable. Le train, mode de transport parmi les plus économes en CO2 s’impose.

 

Sortie de l’EDHEC en 2003, elle entre chez SNCF comme cheffe de la gare de Marne-la-Vallée. D’excellents résultats sur la satisfaction clients lui valent d’être repérée par SNCF Voyages qui la missionne pour opérer une transformation managériale visant à placer l’expérience clients au cœur de l’engagement des collaboratrices et collaborateurs. Elle rentre ensuite chez IDTGV, le « laboratoire » des nouvelles offres grandes lignes. Elle s’y occupe notamment de la refonte de la restauration à bord. Re-succès : 22% de CA supplémentaires et +8 points de satisfaction clients. Après 8 ans passés dans la filiale, elle rejoint la direction des gares d’Île de France en tant que Responsable innovation et développement. Elle œuvre au quotidien à faire de ces lieux de passage de véritables lieux de vie, où les voyageurs accèdent à des commerces et des services, mais peuvent aussi côtoyer des start-uppers et autres entrepreneurs innovants dans des incubateurs et espaces de co-working.

 

La passion pour l’entrepreneuriat, c’est un implicite de tout le parcours d’Anne-Sophie Nomblot. Francesca Aceto, Présidente de SNCF au Féminin dit même qu’elle a « l’esprit entrepreneurial vissé au corps. Elle a toujours fait preuve d’initiative et d’agilité avec une très forte orientation clients et résultats ». En effet, partout où elle passe, Anne-Sophie Nomblot conçoit et développe des projets à la façon d’une créatrice de PME : imaginer des concepts, écrire le business model et construire le business plan, mobiliser les ressources, piloter les équipes, penser le coup d’après avec vision tout en étant au jour le jour sur le terrain, au plus près de celles et ceux qui concrétisent l’ambition en réalité productrice de valeur.

 

Aussi, quand elle apprend qu’un programme d’intrapreneuriat va être lancé au sein du réseau SNCF au Féminin dont elle est une adhérente des premiers jours, Anne-Sophie n’hésite pas à postuler. Elle fait équipe avec Claudie Pavie et Bérangère Galland pour déployer l’idée portée par Chloé Lima-Vanzeler dans le groupe expert du réseau dédié au développement durable : mettre en place une solution de ré-emploi du matériel SNCF à l’échelle du groupe. Une sorte de « bon coin » sur lequel chaque salarié·e disposant d’un objet en bon état mais dont il/elle n’a pas l’usage peut en faire don à quelqu’un·e de l’entreprise à qui cet objet serait utile. Ce peut être un chariot, du mobilier, des tenues, du matériel informatique, de la papeterie…

 

Les équipes de SNCF développement qui accompagnent le programme d’intrapreneuriat au Féminin sont enthousiastes et mettent Anne-Sophie, Claudie et Bérangère en relation avec Mytroc, une start-up de l’économie sociale et solidaire experte des échanges entre particuliers. 6 mois plus tard, sort « La Boutique Eco ». Encore un semestre et la plateforme compte plus de 10 000 inscrits et peut faire valoir une économie sur les achats de matériel neuf de 150 000 euros (soit 6 fois plus que ce que le développement de La Boutique Eco a coûté !). Il n’en faut pas plus à la direction des achats responsables pour « acheter » le dispositif, sa patronne, Geneviève Bedin, estimant qu’ « à terme, les économies réalisées pourraient être d’1 million d’euros par an grâce à la prise de conscience que le meilleur achat est celui qu’on ne fait pas. » Les perspectives de déploiement de La Boutique Eco ne s’arrêtent pas aux frontières du groupe SNCF : suite à la présentation du projet auprès des acteurs de l’achat de l’Etat, Mytroc est en pourparlers pour la transposition du dispositif dans les collectivités de la région Bourgogne Franche-Comté. La Mairie de Paris s’y intéresse aussi… Tout comme Bouygues ou Décathlon.

 

Francesca Aceto qualifie Anne-Sophie Nomblot de « virtuose de l’intrapreneuriat. Comme les grands artistes ou les grands sportifs, elle entreprend chez SNCF avec un très grand naturel, comme si ça ne lui demandait aucun effort pour réaliser le travail gigantesque qui permet d’atteindre le résultat. »