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Page Culture : « Les testaments » – une invitation de Margaret Atwood à célébrer la pluralité du féminisme

Les fans l’ont demandé, elle l’a fait : l’écrivaine canadienne Margaret Atwood publie cet automne Les testaments.

Publié le 06/11/2019 à 8:02

Nous attendions avec impatience cette suite de la La servante écarlate et elle arrive enfin, avec une autre bonne nouvelle : une adaptation pour la télé est déjà en préparation ! Nous allons dévorer les pages, rester accroché·e·s à l’écran et suivre avec attention les prochains projets de l’autrice, figure majeure du mouvement féministe dans le champ culturel depuis le début des années 1980.

Dans La servante écarlate, roman paru en 1985, Margaret Atwood a peint un monde dystopique où les femmes sont devenues des esclaves sexuelles pour « contribuer » à la reproduction de l’espèce humaine. Dans son nouveau livre, elle s’éloigne un peu de cet univers. Cette fois-ci, l’œuvre est décrite par trois personnages : Agnès et Daisy, deux adolescentes vivant des réalités très diverses, l’une au cœur du régime tyrannique et l’autre au Canada ; et Tante Lydia, la sévère Surveillante déjà connue du public.

 

Ancré dans les années post #MeToo, Les testaments est un enfant de son époque. Le livre est certes le fruit du succès de la série La servante écarlate mais il s’inscrit aussi et surtout dans le contexte des nouveaux enjeux concernant les femmes d’aujourd’hui. Les différentes perspectives offertes aux lecteurs par le biais de trois témoignages sont certainement un réflexe du discours de Margaret Atwood sur les « 75 formes » de féminisme : une invitation à penser les mouvements sociaux et les individus sous plusieurs angles.

Cette idée des « 75 formes de féminisme » ­a été développée par Margaret Atwood au micro de Léa Salamé à France Inter, le 23 octobre. « Quand quelqu’un vous demande si vous êtes féministe, il faut d’abord questionner de quelle forme de féminisme on parle », a dit l’écrivaine, en rappelant l’impossibilité d’établir une définition univoque de ce mouvement.

Atwood a aussi rappelé que les femmes ne sont pas toutes « des anges » et qu’elles ont le droit d’avoir tort. Ceci dit, le mouvement #MeToo a été une bonne initiative « de façon générale », selon l’intellectuelle. Les protestations des jeunes étudiant·e·s dans le monde, en partie influencé·e·s par Greta Thunberg, sont également un bon signe, a-t-elle affirmé, avant d’y ajouter : si l’on ne sauve pas la planète, « peu importe les droits des femmes car il n’y aura plus de femmes ».

 

Depuis la sortie de la La servante écarlate jusqu’à la production de la série de même nom par le service de streaming américain Hulu, en 2017, beaucoup de choses ont changé pour Margaret Atwood. Récemment, après avoir été critiquée en raison de ses propos sur le mouvement des femmes, elle a écrit la tribune « Suis-je une mauvaise féministe ? », où elle se demande quels sont les limites du militantisme.

Dans ce texte à l’humour acide, Atwood fait une distinction satirique entre les « bonnes » et les « mauvaises » féministes. Son idée, si l’on doit la résumer, serait de défendre une plus grande diversité au sein du mouvement des femmes (qui ne s’écrit pas au pluriel par hasard…). Il faudrait accepter les différences, savoir gérer les opinions divergentes et surtout ne pas perdre de vue le but premier : l’égalité, l’inclusion et, bien sûr, la fin des régimes totalitaires.