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La place des femmes dans le digital – #4

Et si on cassait les stéréotypes ?

Publié le 21/04/2020 à 9:00

4è épisode de notre série sur la place des femmes dans le digital, des années 1980 à nos jours, autour du livre d’Isabelle Collet, Les Oubliées du numérique.

Après avoir évoqué dans une première partie les effets de l’inscription de l’informatique dans le champ scientifique sur les choix d’orientation des filles et des garçons, puis les effets de la « déification » de l’ordinateur, et remonté la trace des femmes qui ont contribué à l’histoire du numérique.

La raréfaction rapide et spectaculaire des femmes dans le secteur informatique, c’est selon Isabelle Collet, en grande partie le fait d’une rencontre malheureuse entre deux catégories de stéréotypes : les stéréotypes sur le secteur (réputé ardu, fruste, fermé, voire ténébreux…) et les stéréotypes sur la féminité.

 

Les femmes s’autocensurent-elles autant qu’on le dit ?

Le premier de ces stéréotypes genrés auquel s’attaque Collet, c’est celui de l’autocensure des femmes, qu’elle qualifie de « prétexte » pour faire écran aux stratégies inconscientes d’un entre-soi masculin, qui comme dans d’autres univers « réservés » se défend trop vite de son déficit de mixité par l’argument « des femmes, on cherche à en recruter, mais on n’en trouve pas ! Elles ne veulent pas venir ! ».

 

Asymétries d’appréciation des raisons invoquées au déficit de mixité

Et de mettre en cause une asymétrie de traitement de la question de la mixité des métiers quand on adresse le sujet du manque de femmes dans un secteur et celui du manque d’hommes dans un autre : quand les hommes ne s’orientent pas vers une profession – prof, magistrat·e, infirmier·e —, ce sont les conditions (notamment salariales) de cette profession qui sont accusées ; quand les femmes ne vont pas vers certains métiers, c’est qu’elles n’ « osent » pas, qu’elles manquent de confiance en elles, qu’elles ont peur que ce ne soit pas compatible avec leur vie personnelle.

 

La « culture geek », une culture inclusive ?

Mais, enfin, s’indigne Collet, peut-on interroger aussi les conditions de ces métiers qui n’ « attireraient » pas les femmes ? Peut-on interroger la « culture geek » dans ce qu’elle peut avoir d’excluant pour elles, mais aussi pour d’autres profils pas nécessairement à l’aise dans un univers qui promeut une « façon d’être » aux airs sympathiquement « adulescents » et pas méchamment « bourru » mais n’est pas forcément très conviviale pour certaines populations différemment socialisées ? Peut-on poser la question des biais qui s’invitent dans le recrutement et le management des parcours professionnels par les acteurs décisionnaires du secteur ? Ou faut-il s’en tenir à des « Regardez, il y a bien Sheryl Sandberg et Marissa Mayer », figures d’exception faisant office d’utiles « schtroumpfettes » avant d’être taxées de « reines des abeilles » ?

 

Dans le prochain épisode, on recensera les bonnes pratiques pour rendre aux femmes la place qu’elles méritent dans l’univers numérique.

 

Et aussi :

Notre article sur le lancement de l’ambassade Tech au Féminin

Notre interview de Frédéric Bardeau, fondateur de Simplon.co

Notre fiche métier « chef·fe projet système d’information »

Notre série de vidéos « Les femmes de la tech »

Notre article sur le projet de la NASA d’envoyer une femme sur la lune

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