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Non, l’absence des femmes dans le monde digital n’est pas une fatalité !

#3 – Et pourtant l’informatique a ses mères et pionnières

Publié le 16/04/2020 à 9:00

Nous poursuivons notre série sur la place des femmes dans le digital, des années 1980 à nos jours, autour du livre d’Isabelle Collet, Les Oubliées du numérique 

Après avoir évoqué dans un premier épisode les effets de l’inscription de l’informatique dans le champ scientifique sur les choix d’orientation des filles et des garçons et dans un second épisode les effets de la « déification » de l’ordinateurretraçons l’histoire des femmes qui ont contribué à l’histoire du numérique. 

 

En 1983, le second secteur où les femmes sont le plus représentées, c’est… L’informatique ! Moins de trois décennies plus tard, c’est l’une des filières où elles sont les plus raresPour Isabelle Collet, la perte en ligne des femmes dans le secteur de l’informatique va être renforcé par une histoire de la discipline qui oublie ses « mères » et pionnières : une Mary Shelley, qui avec son Frankenstein imagine déjà un être cybernétique ; une Ada Lovelace qui écrit le premier programme de l’histoire et livre un mémoire sur la « boucle » qu’elle a inventée en ne le signant que de ses initiales afin de respecter le code de discrétion attendue des femmes ; les « calculatrices » d’Harvard qui comptent les étoiles pour alimenter les travaux de l’astronome Edward C. Pickering au XIXè siècle ; les programmeuses de l’ENIAC, premier ordinateur entièrement électronique élaboré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ; la créatrice du compilateur, Grace Hopper, qui travaille dans les années 1960 à la conception de langages de programmation accessibles aux non-mathématicien·nne·s ; les « figures de l’ombre » de la NASA, Katherine Johnson, Dorothy Vaughan et Mary Jackson, qui calculent les trajectoires de la mission Appolo 11 vers la lune ; Margaret Hamilton, qui conçoit le système embarqué du même programme spatial et qu’on considère comme l’une des pionnier·e·s du « software »…  

 

A la liste des femmes de l’histoire de l’informatique proposée par Isabelle Collet, on ajoute volontiers Hedy Lamarrco-inventrice du système de codage des transmissions par étalement de spectres que l’on emploie encore dans les technologies Wifi, Bluetooth et GPS ; Clara Froelich, employée d’A.T.T. qui a contribué au développement de la « tabulatrice », ancêtre de l’ordinateur de bureau ; Joane Clarke, inventrice d’une méthode de décryptage de messages à double chiffrement pour laquelle elle fut promue par l’administration américainenon au poste de « cryptologue senior » qui n’était pas accessible aux femmes, mais à celui de « linguiste » !… 

 

Que d’aventures humaines passionnantes et parfaitement inspirantes, que les manuels d’histoire renvoient dans leur marge, pour ne pas dire hors de leurs pages. Que de récits de vie de femmes qui ont pourtant force de « rôles modèles », évidemment susceptibles d’embarquer les jeunes et moins jeunes femmes pour qu’elles puissent se dire « l’informatique, c’est aussi pour moi ! » 

 

Dans le prochain épisode, on s’attaquera aux stéréotypes qui font frein à la ré-appropriation du secteur digital par les femmes. 

 

Et aussi :  

Notre article sur le lancement de l’ambassade Tech au Féminin 

Notre interview de Frédéric Bardeau, fondateur de Simplon.co 

Notre fiche métier « chef·fe projet système d’information » 

Notre série de vidéos « Les femmes de la tech » 

Notre article sur le projet de la NASA d’envoyer une femme sur la lune  

Notre interview de Sylvie Rerolle, cheffe de la trasnformation technologique et digitale de SNCF Réseau 

Notre Portrait de Justine Ly, Directrice de programme Transformation SI Voyageurs au sein de SNCF Mobilités