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Les cheminotes

Depuis plusieurs décennies, SNCF mène une politique volontariste pour la mixité, l’égalité professionnelle et le recrutement des femmes. Aujourd’hui, elles occupent des postes dans toutes les filières et à tous les niveaux hiérarchiques mais l’évolution du statut de la femme au travail durant les deux siècles derniers nous montre que l’histoire s’est construite pas à pas et est encore en marche.

Publié le 15/07/2019 à 11:11

En 1866, au temps des compagnies ferroviaires, ancêtres de SNCF, les femmes ne représentaient que 7.4 % des employés. Un peu plus d’un siècle et demi plus tard, elles ne représentent que 20 % des effectifs des trois établissements publics.

Une rapide plongée dans l’histoire permet de se rendre compte du chemin parcouru. C’est que, à l’image de l’évolution des femmes dans le reste de la société, la féminisation de l’emploi dans les chemins de fer revient de loin !

EVITER TOUT DESORDRE DANS LES BONNES MŒURS

 De façon générale, les avis sont plus que réservés au 19ème siècle sur l’emploi féminin. Les ouvriers craignent une concurrence, voire une menace, sur leur propre emploi. C’est aussi l’opinion des femmes au foyer, notamment celles issues de la bourgeoisie, qui tiennent à ce que leurs tâches de ménagères et d’éducatrices soient valorisées. On redoute aussi de compromettre la discipline et la morale avec la réunion de personnes des deux sexes dans des locaux communs. Même si on reconnait aux femmes des qualités de bonnes ménagères économes et dévouées, on émet des doutes sur leurs aptitudes à remplir convenablement des fonctions nouvelles.

Avec le développement des lignes de chemins de fer, les besoins en main d’œuvre s’intensifient. De nombreuses veuves d’agents restent sans ressources suite au décès de leur mari pendant le service, souvent du fait d’accident du travail. Pour venir leur venir en aide, les directeurs des compagnies estiment malgré tout préférable de remplacer une aumône toujours insuffisante et pénible à recevoir par un travail honorable, faisant au passage des économies substantielles, le personnel féminin étant à l’époque une main d’œuvre à bas coût.

 

LES PLUS ANCIENS METIERS FEMININS

 

la garde barrière dans l’Illustration

A l’origine, les emplois ferroviaires dévolus aux femmes sont cantonnés à certains métiers dont le plus emblématique était sans doute celui de garde-barrière, entré dans la mythologie grâce au cinéma et à la littérature.

 

 

 

 

Avec l’introduction des femmes au travail dans les chemins de fer, les compagnies découvrent qu’elles font une excellente affaire. Elles sont efficaces et sérieuses, ne boivent pas et leur résistance physique est tout aussi bonne que celle des hommes.

Si la garde-barrière est la plus emblématique des professions ouvertes aux femmes, avec la révolution industrielle, elles accèdent à d’autres types de métiers et leur importance numérique tend à s’accroître d’année en année.  Elles restent limitées aux échelons les plus bas. Elles occupent des fonctions liées à la propreté telles que préposées à la salubrité des lieux d’aisance dans les gares, ou administratives comme les travaux de caisses et de bureaux. Elles sont par exemple, receveuses de billets (délivrance et comptabilité des billets), factrices aux écritures, bibliothécaires (c’est-à-dire vendeuses de livres et de journaux) et sont sous-payées.

Les deux guerres mondiales, en privant les compagnies de leurs hommes, feront bondir les effectifs pour rechuter dès les conflits terminés. Elles ouvriront cependant un chemin dans les mentalités.

Après la seconde guerre mondiale, les transformations amorcées sont profondes dans l’esprit féminin comme dans celui des gouvernants. La constitution de 1946, garantit (enfin) à la femme, des droits égaux à ceux des hommes. Elle compte enfin dans la vie civile en ayant obtenu le droit de vote, mais ce n’est qu’à l’aube des années 1960 que l’activité féminine explose. Il faut dire que la reconstruction, puis les « trente glorieuses » entraînent un besoin accru de main-d’œuvre.

Les études supérieures n’ouvrent leurs portes aux filles que bien plus tard dans les faits ou encore dans le droit pour certaines grandes écoles. Ainsi l’école polytechnique n’autorise l’accès aux filles qu’en 1972.

Ce n’est que vers la fin du 20ème siècle que le cœur du système ferroviaire, le monde de la traction et de l’exploitation, des dépôts, des cabines d’aiguillage, et les postes de haute responsabilité s’ouvriront aux femmes et ce n’est qu’au prix d’une lente évolution que les femmes accéderont progressivement à tous les types de fonctions et de grades.

Encore aujourd’hui, le taux de féminisation masque de vraies disparités : les femmes sont surreprésentées dans les métiers commerciaux et les fonctions transverses et restent sous-représentées dans les métiers de conduite ou à la SUGE …

En 2012, la SNCF a créé son réseau SNCF au Féminin pour promouvoir la mixité et le recrutement dans les domaines techniques et combler les disparités, qui compte en 2019, 7 500 membres. C’est le premier réseau féminin d’entreprise en France.

Du 11 au 28 juin dernière , SNCF au Féminin est partie à la rencontre des salariés SNCF à bord d’un train expo consacré à la mixité des métiers et à la lutte contre le sexisme. Ainsi, plus de 3000 visiteurs ont découvert l’action du réseau.

 

QUELQUES PIONNIERES

 

Blanche Le Thessier : première femme cadre supérieure  

Née en 1897, centralienne, ingénieur des Arts et Manufacture, licenciée ès sciences et en droit. Quand elle part à la retraite en mai 1953, ingénieur en chef à la Division des Etudes de voitures et wagons, elle est la seule femme fonctionnaire supérieure de SNCF.

 

1983 : Sylvie Guedeville : première femme conductrice de TGV

L’accession à ce type de métier fut permise par Valéry Giscard d’Estaing en 1976 qui a mis fin lors de son mandat à l’interdiction faîtes aux femmes d’accéder au travail en 3 X 8

 

1991 : Mireille Faugère, première femme directrice d’une grande gare  (Paris-Montparnasse)

 

 

 

2006 : Anne-Marie Idrac, première Présidente de SNCF 

 

 

2012 : SNCF lance son réseau SNCF au Féminin pour renforcer la mixité dans le groupe. Il compte 7500 membres femmes et hommes.

 

 

Marianne Azoulay

DGCI/Valorisation du patrimoine