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L’égalité femmes/hommes au fil de l’actu

Voici trois actualités phares des semaines écoulées sur le front de la mixité…

Publié le 08/01/2021 à 9:00

L’Argentine légalise le droit à l’avortement

Les années de mobilisation féministe à travers l’Argentine ont fini par payer. Le projet de loi pour la légalisation de l’avortement a finalement été adopté dans la nuit du 29 au 30 décembre par le Sénat. Pour les militant.e.s de la « marée verte » qui défendaient depuis si longtemps le droit à l’avortement, et avaient encore connu un échec en 2018, ce vote était un « bonheur sans mélange » comme le relate le quotidien argentin Página 12. Le texte, approuvé par 38 voix contre 29 et une abstention, autorise l’IVG « légal, sûr et gratuit » pendant les quatorze premières semaines de grossesse. Jusqu’à présent, l’avortement en Argentine n’était permis qu’en cas de viol ou de danger pour la mère, d’après une loi de 1921. Cette victoire ne doit pas masquer pour autant la situation dans le reste de l’Amérique latine.

Le sujet divise ces pays encore fortement marqués par le catholicisme et où les femmes peinent toujours à faire valoir leurs droits. L’IVG n’est totalement autorisée que dans quatre pays (Cuba, Porto Rico, Guyana et Uruguay) et, depuis le 30 décembre dernier, en Argentine. Six pays l’interdisent totalement, même si la grossesse fait courir un risque mortel à la femme. Cinq sont situés en Amérique centrale et dans les Caraïbes : le Nicaragua, le Salvador, le Honduras, la République dominicaine et Haïti. Et un, le Suriname, en Amérique du Sud. Les autres pays ne l’autorisent que dans des situations restrictives, c’est-à-dire pour protéger la vie de la mère, et parfois en cas de malformation du fœtus, de viol ou d’inceste.

Paris 2024 : premiers JO paritaires de l’histoire !

Clin d’œil de l’histoire, c’est à Paris, en 1900, que les jeux Olympiques modernes se sont ouverts pour la première fois à la participation des femmes et ce en dépit des réticences de Pierre de Coubertin qui écrivait : « Le rôle de la femme reste ce qu’il a toujours été : elle est avant tout la compagne de l’homme, la future mère de famille, et doit être élevée en vue de cet avenir immuable ».

Elles étaient à l’époque 22 pour 975 athlètes hommes (soit 2 %). En 2024, elles seront à égalité avec les hommes. Le 8 décembre dernier, le Comité international olympique (CIO) a en effet confirmé que les Jeux de Paris 2024 seraient les premiers à afficher une stricte parité entre les femmes et les hommes, parmi les 10 500 athlètes qualifié·e·s. La suite d’une évolution engagée depuis quelques années. Ainsi, il devrait y avoir 48,8 % d’athlètes femmes à Tokyo en 2021. Autre évolution à Paris, les JO accueilleront davantage d’épreuves mixtes au sein de disciplines aussi diverses que la voile, l’athlétisme, le slalom extrême ou le tir. Il faudra également compter avec de nouvelles catégories, en boxe par exemple, où une catégorie de poids féminine prendra la place d’une catégorie masculine.

La fin des pensions alimentaires non payées ?

Chaque année, plus de 300 000 personnes doivent se battre afin de récupérer l’argent dû pour élever ses enfants. Car si un million de personnes en France doivent toucher une pension alimentaire pour leurs enfants, 30 à 40 % des pensions ne sont pas payées, pas versées intégralement ou réglées en retard. Un fléau qui touche en premier lieu les familles monoparentales, sachant que ces pensions représentent 20 % de leurs ressources. Et le fait de ne pas les toucher aggrave leurs conditions de vie. Rappelons que près d’un quart des familles françaises sont des familles monoparentales et que dans 80 % des cas, ce sont les femmes qui élèvent seules les enfants. Si certaines s’en sortent bien, plus d’une sur trois (35 %) vit sous le seuil de pauvreté, selon l’Insee, ce qui représente 2,3 millions d’adultes et d’enfants pauvres.

Le nouveau mécanisme mis en place depuis le 1er janvier de cette année pour compenser les pensions alimentaires impayées devrait faciliter le quotidien de nombre de familles monoparentales.

Le principe de ce système est simple : au lieu de laisser le parent défavorisé se battre seul, l’État intervient pour lui. C’est la CAF qui joue le rôle d’intermédiaire, puisqu’elle récupère le montant de la pension alimentaire mensuelle, avant de la reverser au parent qui en est le bénéficiaire. Si l’autre parent ne paie pas ou est insolvable, la CAF se retourne vers lui. En attendant le recouvrement de la dette par le mauvais payeur, la CAF verse au parent lésé une allocation de 116 euros par mois et par enfant, sachant que le montant moyen d’une pension alimentaire en France est de 170 euros par enfant.

Ce nouveau système s’inspire d’un modèle mis en place avec succès au Québec où on ne compte plus que 4 % d’impayés de pensions alimentaires.