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L’égalité femmes/hommes au fil de l’actu

Voici trois actualités phares des semaines écoulées sur le front de la mixité…

Publié le 16/07/2020 à 9:00

Et si on s’engageait collectivement pour l’allongement du congé paternité ?

« Il nous semble important d’agir maintenant et de donner à la nouvelle génération de pères le changement qu’elle désire ». C’est ainsi que s’est exprimé un collectif de pères dans une tribune signée le 18 juin dernier. Ces pères se mobilisent en faveur de l’allongement du congé paternité et soulignent que la France, avec 11 jours consécutifs, fait figure de mauvais élève en Europe. L’Espagne (16 semaines pour 2021) et le Portugal (1 mois obligatoire), par exemple, ont largement allongé leur congé paternité et rejoignent ainsi les pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande, Islande, Norvège) où les congés parentaux mieux rémunérés se comptent en mois.

Ces pères français rappellent par ailleurs que plus de 63% des jeunes de 18 à 24 ans souhaitent un allongement du congé paternité. Le partage des tâches est une évidence pour 80% des hommes de la génération Y. Ils sont 70% à déclarer vouloir mettre leur carrière entre parenthèses pour s’occuper de leurs enfants.

Cette revendication ne date pas d’hier. Tribunes, articles, études : l’allongement du congé paternité est régulièrement réclamé ces dernières années. En 2017 déjà, le magazine Causette avait lancé une pétition sur le sujet. Il y a un an quasiment jour pour jour, le collectif « Pour une parentalité féministe » publiait un appel dans le Monde intitulé : « la réforme du congé paternité est une absolue nécessité »

 

 

« Une femme » sort de l’ombre grâce à Wikipédia

Vous vous êtes déjà demandé qui est cette fameuse femme dont les médias parlent tant et qui semble accomplir tant d’exploits ? « Une femme » est l’arbitre principale d’un match de Ligue 1 », « une femme » est promue générale dans la gendarmerie », « une femme » est nommée Premier Ministre en Belgique », « une femme » se voit attribuer le prix Nobel d’économie »Aujourd’hui, grâce à Wikipédia qui lui consacre une page, vous allez savoir qui est cette « femme » !

 

L’encyclopédie en ligne nous apprend qu’« une femme » est cosmopolite : lituanienne, française, belge, britannique, iranienne, japonaise, éthiopienne, suisse, américaine ou grecque. Dans la vie, elle est journaliste, représentante politique, chercheuse, dirigeante d’entreprise, officier, pasteur, diplomate, secrétaire générale, ou pilote d’avion de chasse… Et rappelle aussi une triste réalité : elle « meurt tous les deux jours battue par son conjoint ».

 

Vous l’aurez certainement compris, cette page est parodique et dénonce, de façon humoristique, cette formule générale qui essentialise et invisibilise les femmes. Comme le souligne dans Ouest-France Marine Perrin, porte-parole de l’association Prenons la Une, qui milite pour une meilleure représentation des femmes dans les médias :  « cette utilisation, est très révélatrice d’un biais sexiste. […] On se voit mal dire “Un homme devient maire de cette ville” ». Ce biais, rappelle le Monde, avait déjà été avancé par la critique américaine Katha Pollitt en 1991 dans un article du New York Times, qui évoquait le syndrome de la Schtroumpfette, défini comme celui de la surreprésentation des protagonistes masculins dans les œuvres de fiction, comme le jeu vidéo par exemple, au détriment des protagonistes féminins.

 

 

Ce fragile droit à l’avortement

En 2014, l’État de Louisiane avait décidé d’imposer aux médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans des centres prévus à cet effet d’avoir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l’opération. La raison invoquée ? Pouvoir transférer les patientes dans des structures hospitalières en cas de complications. Mais, pour les défenseurs du droit à l’IVG, cette loi risquait d’entraîner la fermeture de deux des trois établissements pratiquant des avortements en Louisiane.

La Cour suprême des États-Unis l’a finalement invalidée le lundi 29 juin dernier, la jugeant, au grand soulagement des militants pro-IVG, inconstitutionnelle .Rappelons que sur les 50 États américains, 28 sont engagés dans des démarches de limitation de l’avortement. C’est principalement dans les États du Sud (la « Ceinture de la Bible » comme on dit aux États-Unis) que se multiplient les législations anti-avortement. Dans l’Alabama, un médecin qui pratique une IVG, même après un viol, risque désormais 99 ans de prison, plus que le violeur. En Géorgie ou dans le Tennessee, le délai pour avorter est désormais de 6 semaines, alors que bon nombre de femmes ne savent même pas alors qu’elles sont enceintes.

Pendant ce temps-là, en Croatie, en pleine campagne pour les élections législatives du 5 juillet, des représentants politiques ont déclaré qu’une femme devrait obtenir l’accord de sa famille pour avorter, même en cas de viol. Les citoyennes croates leur ont répondu de manière très explicite.

 

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