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L’égalité femmes/hommes au fil de l’actu

Trois actualités phares (toujours marquées par le Covid-19) des dernières semaines sur le front de la mixité…

Publié le 28/05/2020 à 9:25

C’est une bande de femmes qui fait tenir la société

« Infirmières, aides-soignantes, caissières, enseignantes, aides à la personne, personnel de nettoyage : c’est une bande de femmes qui fait tenir la société ! », soulignait l’ancienne garde des Sceaux, Christine Taubira, au début du confinement.

Pour illustrer ce propos, la photographe Florence Brochoire a suivi durant plusieurs semaines, une dizaine de ces femmes, aide à domicile, bénévole, sage-femme, hôtesse de caisse, en Seine-Maritime. Son reportage au long cours, publié dans le Monde, raconte leur quotidien en images.

L’occasion de rappeler que les femmes représentent 91 % des aides-soigants.es, 83 % des enseignants.es du second degré, 90 % du personnel des Ehpad, 90 % du personnel de caisse et 97% des aides à domiciles. Des métiers peu reconnus à leur juste valeur, tant sur le plan financier que social.

Pour comprendre cet état de fait, la philosophe Camille Froidevaux-Metterie amorce une explication : « Les femmes étant considérées naturellement disposées à prendre soin des autres, quand elles mettent cette aptitude au service du public, elles ne feraient pas montre d’une compétence mais d’une disposition considérée comme innée. » Dans le « monde d’après », ira-t-on vers une forme de revalorisation sociale et salariale de ces emplois ?

 

 

En première ligne pendant, grandes absentes après

Les femmes sont en première ligne quand il s’agit de soutenir, d’aider, d’exécuter les gestes essentiels de la vie, mais elles disparaissent du paysage quand il s’agit de décider. C’est le constat dressé par la blogueuse Titiou Lecocq, qui souligne l’absence quasi-totale des femmes dans les instances officielles et dans les médias où l’on débat de l’après crise-sanitaire.

En 1914, déjà, les femmes s’étaient ralliées à la grande cause nationale et avaient mis leurs revendications en sourdine, pensant qu’en participant à l’effort de guerre, les politiques leur accorderait le droit de vote après l’armistice. La stratégie se révéla payante dans un certain nombre de pays, même s’il y eut souvent des restrictions pour en écarter certaines femmes. Comme par exemple aux États-Unis, où le droit de vote n’a été donné qu’aux seules femmes blanches en 1920. En France, les femmes durent attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale…

 

  •  Lire le portrait de June Almeida, la chercheuse écossaise qui a découvert les coronavirus.
  • Lire Le monde de demain, une mise en garde du HCE
  • Regarder le documentaire Retour à la terre qui explore la réalité de 4 jeunes agricultrices face aux pesanteurs d’un monde rural qu’elles espèrent changer.

 

« Sois belle ! Garde la ligne ! Travaille ! Éduque ! » : les injonctions des magazines féminins

Même confinées, les femmes n’échappent pas aux injonctions qui pèsent sur leurs corps. On leur enjoint de cacher leurs cheveux blancs, de faire du sport pour ne pas grossir, de soigner leur look, de se maquiller… La crise sanitaire mondiale et ses conséquences n’a pas ralenti le tempo des magazines féminins : ils se sont fait plus que jamais reproducteurs et promoteurs des modèles genrés et sociaux dominants.

Les « conseils mode » ont prospéré, comme les conseils « beauté », avec des alertes répétées sur le risque de prendre des kilos superflus. Et là encore, les articles se sont multipliés pour que cet impératif ne quitte pas l’esprit des femmes.

Même le télétravail a été envisagé sous l’angle de l’apparence et de la beauté. De « conseils » en « astuces », les magazines féminins ont publié quantité de « solutions » pour « bien présenter » en visioconférence, faisant une nouvelle fois des femmes l’objet du regard des autres, dans la mise en scène permanente d’elles-mêmes.