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Le chiffre : la note salée du confinement

Des Allemandes ont décidé de présenter la facture à leur gouvernement. L’occasion de reparler du travail domestique non rémunéré.

Publié le 15/06/2020 à 9:00

Plus d’école, plus de crèches, plus de cantine… Durant le confinement, les parents, et principalement les femmes, ont dû assumer un travail habituellement pris en charge par l’État et les collectivités.

C’est une facture qui a provoqué une vive polémique en Allemagne. Ne voyant pas les écoles rouvrir après le confinement, des mères de famille ont décidé de quantifier le temps passé à s’occuper de leurs enfants (enseignement, soins, cuisine), en plus de leur propre travail, et d’adresser la facture au gouvernement. Afin de mettre en lumière ce travail invisible, elles ont créé le hashtag #CoronaElternRechnenAb (« les parents règlent les comptes du corona »). Plusieurs milliers de tweets ont ainsi été envoyés en quelques heures.

 

Par exemple, pour la Munichoise Andrea Reif, mère de trois enfants, le montant s’élève à 12 432,60 euros. Un « très bon deal » selon elle. « Depuis plus de six semaines, je fais l’école à la maison – si on peut appeler ça comme ça – à mes enfants. Cela représente 240 heures de travail », explique-t-elle sur son blog. «  Le problème avec ce nouvel emploi supplémentaire, c’est qu’il réduit le temps que je consacre à mon entreprise et à mes employés, entraînant ainsi des pertes financières considérables », ajoute-t-elle. Avant de préciser « Je suis une mère et je suis une force économique et je veux être vue ».

 

Cette campagne, au-delà du confinement, a pour but de mettre en débat la question du travail domestique en temps « normal », ainsi que l’explique Karin Hartmann qui, elle, a fait publier sa « facture » dans le webzine germanophone Edition F.

Rappelons que deux tiers du temps travaillé par les hommes est rémunéré. Chez les femmes c’est le contraire : elles passent deux tiers de leur temps travaillé à faire gratuitement ce qu’on appelle du travail domestique. En 2012, l’Insee avait estimé que ce travail domestique représenterait, s’il était rémunéré au smic, 33 % du PIB français, soit 636 milliards d’euros pour des travaux réalisés à 64 % par des femmes.

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