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Le chiffre : 1,5

Les femmes en télé travail ont 1,5 fois plus de risque que les hommes d’être fréquemment interrompues par leurs enfants. C’est ce que révèle, entre autres, une étude réalisée fin février.

Publié le 17/03/2021 à 9:00

Un an après le début de la pandémie et à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le Boston Consulting Group (BCG) a dévoilé les résultats de son enquête intitulée Crise de la COVID-19 : un retour en arrière pour la parité hommes-femmes au travail ?,  réalisée auprès de 2002 salariés français travaillant en bureau (1001 hommes et 1001 femmes du secteur privé et public).

 

Un équilibre vie pro/perso fragilisé

Premier constat, la crise menace l’équilibre vie pro/vie perso de l’ensemble des salariés interrogés. De fait, la modification des modes de travail et la généralisation du télétravail (pour 60 % des salariés) a brouillé davantage les frontières entre temps privé et temps professionnel et 31 % des personnes interrogées travaillent plus souvent le soir tard ou le week-end.

 

Une source de stress importante

Par ailleurs, la crise dans son ensemble et la généralisation du travail à distance ont eu un fort impact sur la santé mentale des sondés : 70 % se trouvent fréquemment en situation d’anxiété, la moitié d’entre eux se sent davantage isolé de ses collègues et 32 % déclarent sentir des signes de mal-être sur le plan personnel.

 

Des perspectives réduites

Si la crise impacte l’ensemble des salariés, elle affecte plus durement les femmes. Dans le secteur privé, seules 60 % d’entre elles disent avoir confiance en leur avenir professionnel, soit 15 % de moins que les hommes. Par exemple, par rapport à leurs collègues masculins, elles sont 13 % de moins à avoir entretenu leur réseau professionnel depuis le début de la crise, et 29 % de moins à avoir pris la parole en réunion. Par ailleurs, elle se sentent davantage isolées de leurs collègues. La généralisation du télétravail tend à creuser les inégalités femmes-hommes. Elles sont en effet 1,3 fois moins nombreuses que les hommes à disposer d’un espace isolé et ont 1,5 fois plus de risques d’être fréquemment interrompues lorsqu’elles télé travaillent.

 

La reprise « normale » en question

Malgré tout, les femmes continuent de culpabiliser davantage : elles sont 1,4 fois plus nombreuses que les hommes à estimer qu’elles ne sont pas assez disponibles pour leurs enfants. Cette difficile conciliation pèse sur leur santé mentale : elles sont 1,3 fois plus susceptibles d’être en situation d’anxiété. D’où un risque d’entraver leur « retour à la normale » professionnel : 60 % des femmes qui ont réduit leurs horaires appréhendent un retour aux horaires d’avant crise (contre 40 % des hommes).

Selon Jessica Apotheker, directrice associée au BCG : « Le modèle 100 % à distance a ses limites et l’évolution des modes de travail post-crise doit tenir compte de l’impact sur la diversité et les talents féminins. La crise a révélé et creusé davantage l’écart entre hommes et femmes dans la vie professionnelle. Alors comment s’assurer que les femmes entre 25 et 40 ans ne soient pas une génération perdue ? Sans prise de conscience de la part des entreprises et de la société, sans attention particulière portée à l’accompagnement de carrière des femmes, on risque de ne pas sortir par le haut de la crise. »