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Lauren Kahn – Saisir cette occasion pour oser changer de prisme ?

Et si cette crise nous offrait l’occasion d’être plus authentiques, d’assumer enfin ce que nous sommes, d’avoir confiance en nous, en nos collaborateurs et en la force du collectif et de travailler autrement?

Publié le 14/05/2020 à 9:00

Assumer ce que l’on est, c’est accepter la réalité de sa situation. Oui, j’ai trois enfants en bas âge et un compagnon entrepreneur qui télé travaille beaucoup, et oui ça change la donne en période de confinement. Impossible de faire comme si de rien n’était. Ces caractéristiques, j’ai appris à les accepter et à les partager, grâce au réseau SNCF au Féminin et à mon expérience.

Longtemps, il fut de bon ton de dire « tu laisses tes problèmes à la porte du bureau ». Cet état d’esprit, déjà archaïque avant la crise, est définitivement hors-jeu aujourd’hui. Avec le confinement et le télétravail généralisé, nous traversons une période où la frontière entre vie professionnelle et vie privée n’a jamais été aussi poreuse.  Espérons que cette situation fasse bouger les lignes et nous aide, femmes et hommes, à assumer ce que nous sommes, dans toutes nos dimensions.

 

Le comité de direction de la Direction Sécurité auquel j’appartiens est composé d’hommes, pères de grands enfants. Leurs journées, en période de confinement, ne ressemblent guère aux miennes. J’ai donc dû rapidement me positionner et rappeler quelques réalités. Refuser, par exemple, une réunion à 18 h 30 parce qu’avec trois  petits à la maison, c’est compliqué… Évidemment, même si j’assume mieux cette situation, je garde un bon fond de culpabilité. Comme beaucoup de femmes, je continue à porter un jugement  dur sur moi-même. Parce que je ne travaille pas tout à fait comme il le faudrait, que je ne fais pas l’école tout à fait comme il le faudrait, que je ne cuisine pas tout à fait comme il le faudrait…c’est dur de tout faire aux trois quarts ! Cela crée beaucoup de frustration et de fatigue. Et heureusement mon manager sait être compréhensif.

 

Il faut cesser de penser le thème de l’égalité hommes-femmes en entreprise comme un supplément d’âme facultatif.

 

Comment mieux le vivre aujourd’hui ? Comment faire en sorte que toutes ces disparités ne soient pas une source de discrimination, maintenant et à la reprise physique du travail, qui pour certains mais surtout certaines ne sera pas possible ? Je risque d’être la seule de mon collectif de travail à ne pas pouvoir être présente physiquement. Quelles en seront les conséquences – y compris inconscientes, – notamment si nous nous laissons guider par nos stéréotypes ?

 

Dès sa création, il y a huit ans, j’ai eu envie de m’engager activement au sein du réseau SNCF au Féminin. À l’époque, j’étais responsable RH au sein de l’établissement Traction Paris-Nord. Avec l’une de mes collègues, j’ai monté la première ambassade Traction, ouverte aux non-cadres, avec pour objectif de féminiser le métier. En parallèle, deux ans plus tard, je suis entrée au comité de pilotage du réseau. À ce titre, j’ai par exemple participé à la rédaction du Manifeste du Groupe SNCF pour la mixité, promouvant tout particulièrement la lutte contre le sexisme dit « ordinaire » et co animé un séminaire de Deauville, ce fut une expérience très riche !

 

Après avoir intégré Gares & Connexions en tant que directrice adjointe de la Gare du Nord, très vite, j’ai lancé, avec deux collègues, l’ambassade Women & Connexions et un « think tank » le women’s lab, avec des sujets spécifiques, notamment pour  les clientes des gares . Aujourd’hui, je suis directrice du pôle Système de management de la sécurité, à la direction Sécurité Voyageurs et toujours membre du comité de pilotage du réseau. J’anime les ateliers « Sécurité au féminin ». Ils sont comme un laboratoire, a-hiérarchique, transverse et ouvert aux non-experts pour travailler sur des sujets qui, de près ou de loin, nous concernent toutes et tous.

 

SNCF au Féminin est un espace de liberté. Il permet de développer son pouvoir de faire bouger les choses, notamment en matière de mixité et d’égalité hommes-femmes. C’est aussi un cadre privilégié pour réfléchir, se questionner, échanger et se maintenir en éveil sur les plans professionnel et personnel. Et, en période de confinement, certains des sujets au cœur de la réflexion du réseau sont plus actuels que jamais. Quand il n’y a ni école, ni cantine, ni nounou… qui fait quoi ? Comment repense-t-on  la répartition des tâches et la fameuse charge mentale en essayant de limiter les tensions – confinement oblige ?

 

Il faut cesser de penser le thème de l’égalité hommes-femmes en entreprise comme un supplément d’âme facultatif. Faire progresser la mixité et la diversité de manière plus large, promouvoir la culture de l’inclusion, augmente significativement la performance grâce à l’apport de nouvelles perspectives, source d’innovations et de création de valeur. Dans un groupe qui se veut en mouvement, en transformation, à la pointe des nouvelles mobilités, notre réseau SNCF au Féminin est plus nécessaire que jamais.

 

Chers collègues, et vous les hommes, particulièrement,  êtes-vous partants ? Comment pouvez-vous contribuer ? Comment pouvons-nous construire ensemble cet avenir profitable à tous ?

 

Nous allons devoir travailler différemment, inclure autrement tous les salariés dans les mois à venir. Sachons saisir cette occasion pour oser expérimenter, faire preuve d’audace et agir différemment avec confiance. #Toutes&Tous-Responsables