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Jean-Pierre Farandou à la rencontre de SNCF au Féminin

Lors d’un tchat organisé cette semaine, Jean-Pierre Farandou a fait part de son intention d’utiliser la puissance du réseau pour faire avancer l’entreprise sur les questions de l’égalité et de la lutte contre le sexisme.

Publié le 13/02/2020 à 9:25

Mardi 4 février, Jean-Pierre Farandou a participé à une discussion retransmise en direct avec Francesca Aceto, présidente de SNCF au Féminin, en présence de Karim Zéribi, en charge de la RSE. Le Président-Directeur général de la SNCF a d’abord tenu à souligner le travail accompli depuis 2012 par les 8 000 membres de SNCF au Féminin pour faire progresser l’égalité au sein de l’entreprise.

Pour Jean-Pierre Farandou, signataire du manifeste pour la mixité au sein du Groupe en 2017, la lutte en faveur de l’égalité est «une cause noble et nécessaire» et le réseau «un instrument puissant au service de cette cause». Parmi les forces du réseau, le rôle des ambassadrices, mais aussi une dynamique forte qui lui permet d’attaquer de front les problématiques qui se posent.

UN GROUPE PLUS PARITAIRE D’ICI DIX ANS
«Aujourd’hui, nous recrutons 22% de femmes, ce n’est pas du tout suffisant», a asséné le président. Rendre le Groupe plus paritaire est une «urgence de long terme» à ses yeux. C’est l’un des objectifs qui sera au cœur de l’action de la branche RH. Cela passe par la mise en place d’objectifs et d’indicateurs exigeants pour suivre le pourcentage de femmes recrutées en interne ou dans les promotions par exemple.
Jean-Pierre Farandou a reconnu que la part de dirigeantes au comité exécutif n’est pas satisfaisante à ce jour. Il a ainsi mis l’accent sur la nécessité de préparer les futures cadres dirigeantes en repérant les collaboratrices en amont pour les former et leur permettre l’accès à des postes hauts placés durant leur carrière.

C’est une «transformation culturelle» qu’il faut encourager au sein du Groupe, a indiqué Francesca Aceto, rappelant que faire progresser l’égalité passe par un important travail sur les préjugés qui continuent de régner dans la société et dans l’entreprise. La présidente de SNCF au Féminin a ainsi évoqué le congé maternité, qui continue de pénaliser les femmes, alors qu’il faudrait changer de paradigme et le voir comme une compétence de plus à leur actif. «Comment ne pas perdre de vue les collaboratrices quand elles font des enfants ?», voilà une des questions que l’entreprise doit se poser, selon elle.

L’ÉGALITÉ AU QUOTIDIEN
Francesca Aceto a insisté sur le travail accompli par SNCF au Féminin pour pousser les femmes à exercer des métiers généralement réservés aux hommes. Le réseau contribue en effet à mettre le pied à l’étrier de ses membres en leur ouvrant des horizons professionnels “insoupçonnés”. Les métiers les plus techniques sont aujourd’hui accessibles aux femmes et il faut les encourager à postuler a rappelé Jean-Pierre Farandou. Le fait de mettre en avant d’autres compétences comme les «soft skills» peut aussi permettre aux femmes de progresser au sein de l’entreprise.

«La SNCF doit être précurseuse sur les sujets de mixité, de déroulement de carrière, d’égalité», a ajouté Karim Zéribi, qui souhaite que ces questions soient «au cœur du projet d’entreprise». Il estime en effet que c’est l’une des clefs pour permettre au groupe SNCF de se différencier de ses concurrents.
Le directeur de la RSE a, au passage, martelé l’importance des «valeurs républicaines» au sein de l’entreprise : «On ne doit pas embaucher des personnes qui nous ressemblent, mais les meilleurs dans leur domaine.»
Faire avancer l’égalité signifie aussi améliorer les conditions de travail des femmes dans l’entreprise. Jean-Pierre Farandou est conscient des avancées mais également du retard sur de nombreux points. Il s’est engagé à aller visiter les vestiaires et les toilettes des femmes dans le cadre de ses tournées de terrain.

D’autres sujets font l’objet de chantiers pour la SNCF : former les femmes non-cadres aux mécanismes du sexisme ordinaire, diffuser la «culture
de l’autorisation» auprès des managers… sanctionner le manque de civisme et le sexisme sur le terrain demander aux managers d’inclure la discussion sur l’égalité et le sexisme dans leur agenda.

FAIRE DE L’ENGAGEMENT UNE COMPÉTENCE
«Ce n’est pas moi, avec mes petits bras, qui vais faire évoluer la SNCF tout seul ! On a besoin de l’engagement de tous pour faire bouger les lignes dans l’entreprise», a lancé Jean-Pierre Farandou.
Rappelant que 58% des 4 000 agents qui font du mécénat de compétences pour la Fondation SNCF aujourd’hui sont des femmes, Karim Zéribi propose d’intégrer la capacité des collaborateurs à s’engager dans les EIA (entretiens individuels annuels). Le but ? En faire une compétence à valoriser, en s’appuyant sur les exemples américain et anglais. Le projet d’entreprise pourrait donc intégrer la notion d’engagement des salariés. Dans cette perspective, SNCF au Féminin peut être «un élément détonateur pour dire les valeurs qu’on veut partager plutôt que celles qui nous séparent», a glissé Karim Zéribi.

Des paroles qui reflètent la volonté affichée de Jean-Pierre Farandou d’utiliser la dynamique du réseau pour faire avancer l’entreprise, tout en l’aidant à se développer pour gagner en puissance. «Votre réseau est un trésor, une pépite que je vais exploiter. En 8 ans vous avez fait un chemin formidable, chapeau !», a-t-il conclu.