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Émilien Cousin, ambassadeur engagé

Émilien Cousin est devenu ambassadeur Fret en octobre 2020. Il nous parle de ses engagements, de ses actions en faveur de la mixité, et des projets de l’ambassade, en cours et à venir.

Publié le 12/05/2021 à 9:00

Pourquoi avez-vous souhaité devenir ambassadeur ?

L’ambassade Fret a été créée en juin 2020 et j’en suis tout de suite devenu membre. Comment ne pas adhérer à un dispositif qui favorise la mixité ! Lorsqu’à l’automne dernier, Gaëlle Vantalon-Korovitch m’a proposé de rejoindre le quatuor *, en remplacement de Christophe Millotte, je n’ai pas hésité ! Faire partie de cette ambassade Fret qui a fait le choix de la parité était enthousiasmant.  J’ai toujours eu le goût de l’engagement, mais la naissance de mon fils, en 2016, a été un véritable déclencheur. Il m’a semblé que je devais m’impliquer davantage encore pour lui léguer un monde meilleur ! Je participe ainsi à des missions pour la Fondation SNCF, je suis aussi ambassadeur pour le recrutement SNCF et bénévole au festival d’Angoulême, sur le stand Polar SNCF. Par ailleurs, à titre personnel, je suis engagé dans le mouvement Utopia, une association d’éducation populaire, écologique et féministe, dans l’association de défense des animaux L214 et référent régional pour la commission Condition animale d’Europe Écologie-Les Verts.

 

Quels sont les projets en cours à l’ambassade Fret ?

Le Fret est un univers majoritairement masculin. Sur 5 000 agents, 90 % sont des hommes. On en oublierait presque l’existence des femmes !  C’est pourquoi, avoir une ambassade métier qui les valorise, les aide à renforcer leur confiance en elles et développe la mixité est si important ! Cette année, nous avons décidé de nous concentrer sur la question des sanitaires qui est un vrai sujet pour les conductrices du Fret. Dans les gares de voyageurs, les conductrices ont un accès aux toilettes (même si ça n’est pas toujours idéal…), mais dans les gares de marchandise, comment font-elles ? Pas question d’uriner sur le ballast ! Nous avons donc décidé d’auditionner toutes l’année nos collègues femmes. Quel stratagème adoptent-elles ? Comment gèrent-elles la question des règles ? L’une nous a déjà confié qu’elle cesse de boire trois heures avant de prendre son service, une autre qu’elle travaille 7 à 8 heures d’affilée avec l’obligation de garder les mêmes protections périodiques tout au long de la journée… Quand on sait que l’usage prolongé des tampons peut entraîner un choc toxique, cette question est loin d’être anecdotique ! D’ici à la fin de l’année, nous serons en mesure de faire des propositions.

 

D’autres activités ?

Depuis janvier, nous organisons des rencontres en ligne avec des femmes inspirantes. Tous les membres, quelle que soit leur ambassade, peuvent se connecter. En moyenne, on a une centaine de participant·e·s. Pour débuter, nous avons reçu Bénédicte Tilloy, ancienne membre du Comex, qui a créé sa propre startup il y a trois ans. En mars, c’était au tour d’Isabelle Attard, ancienne députée du Calvados puis, en avril, celui d’Assia Benziane, membre du conseil consultatif du G7 pour l’Égalité entre les femmes et les hommes. En mai, nous accueillons Simone Hérault, la voix de la SNCF (je m’inscris). Initialement, nous avions choisi une programmation bimestrielle mais le succès est tel que nous proposons désormais des rencontres mensuelles. Cette activité nous tient vraiment à cœur. Dès que la situation le permettra, nous reprendrons aussi les déjeuners de femmes. Le principe est simple. Chaque mois, nous invitons une dizaine de femmes au restaurant avec un.e ou deux ambassadeur.drice.s pour discuter en toute convivialité de leur environnement de travail.

 

Qu’en est-il du recrutement des hommes au sein de votre ambassade ?

… Ce n’est pas faute de communiquer sur le sujet, mais il est très compliqué de convaincre des hommes de s’impliquer ! C’est pourtant l’une des clés pour faire bouger les lignes. D’ici à la fin du mois, nous devrions mettre en place un groupe de parole réservé aux hommes afin de leur permettre de s’exprimer en toute liberté sur la mixité. Nous avons déjà six inscrits. Recruter des hommes prendra du temps. Lorsque j’en parle autour de moi, je suis surpris de découvrir que beaucoup pensent encore que SNCF au Féminin est un réseau réservé aux cadres femmes !  Même parmi les DPX, beaucoup ne relaient les informations relatives au réseau qu’aux femmes, persuadés que le sujet leur est spécifiquement dédié.

 

Quel est votre parcours au sein de SNCF ?

En janvier 2010, je suis rentré chez SNCF en tant qu’agent de service commercial. Après avoir passé un examen d’agent de maîtrise en 2013, je suis devenu superviseur territorial à la direction du Fret à Tours. Aujourd’hui, je suis chef de feuille planificateur pour les conducteur.trice.s de trains à la direction du Fret en Île-de-France. Nous avons la chance, au sein de l’entreprise, de pouvoir nous engager dans des causes qui nous tiennent vraiment à cœur et de nous enrichir grâce à ces expériences. Il serait dommage de ne pas en profiter !

 

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* L’ambassade Fret est composée de 4 ambassadrices et ambassadeurs : Gaëlle Vantalon-Korovitch, Béatrice André (bientôt remplacée par Asha Meralli), Hicham Taieb et Émilien Cousin