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Elise Atangana, commissaire d’exposition.s et productrice d’art contemporain

Il faut garder ce sentiment qui vous prend et vous anime pour trouver tous les moyens possibles afin de réaliser son projet.

Publié le 16/04/2020 à 15:12

1. Qui suis-je ?

Je suis une personne curieuse qui aime relever des défis, s’ils conduisent vers de nouvelles
expérimentations et réflexions. J’aime faire des rencontres, échanger sur de nouveaux sujets.
Bref, j’aime les gens de manière générale !

2. Quel est votre parcours ?

Je suis rentrée à SNCF en 2007 au sein de la Fondation SNCF pour travailler sur le mécénat.
Un jour, j’ai ouvert la Revue Noire, une revue sur l’art contemporain du continent africain. La rencontre avec les artistes actuels et leurs œuvres sont à l’origine de ma passion pour l’art contemporain. Les échanges avec des précurseurs, des penseurs, des artistes m’ont permis de m’inscrire dans le sillage de l’art. Comment prend forme un récit, une œuvre, sa composition, les disciplines, selon quel contexte ?

En 2013, j’ai décidé de prendre du recul et de poser 6 mois de congé sabbatique pour mettre à profit ce temps pour mes projets artistiques.

Cette courte transition m’a permis d’organiser, avec deux autres commissaires, la 11ème Biennale d’art contemporain à Dakar sur le thème de « Produire le commun ». Depuis, j’opère mes recherches au quotidien en parallèle de ma vie professionnelle. SNCF a toujours été très inspirante pour les auteurs et les artistes.

A mon retour à SNCF, j’intègre le pôle Digital de la Direction de la Communication pour finaliser les contenus éditoriaux du nouvel intranet. Ensuite, je rejoins l’équipe de la communication de Voyages SNCF pour l’organisation de l’inauguration de la ligne SEA. Je suis maintenant à la Direction des Services et des Opérations de G&C pour assurer la mission d’accompagnement du changement autour des tenues des TechniGares. Ces multiples expériences m’ont permis de mieux appréhender l’univers SNCF.

3. Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

Les personnes que je rencontre et avec qui je travaille. SNCF a un côté familial et chaleureux. J’apprécie ce sentiment de fraternité et la force d’un collectif de travail. La culture du Groupe est inspirante, « on peut tout faire ». C’est ce qui me galvanise et m’enrichit. Tout comme dans l’art dans lequel je m’affirme et m’épanouie. La dimension humaine est plus importante que la mission elle-même.

4. Qui sont vos mentors ou quelles sont vos sources d’inspiration ? 

Simon NJAMI, mon mentor, est un écrivain et commissaire d’exposition camerounais rigoureux. Il m’a permis de rentrer dans l’univers de l’art. A force d’insister, j’ai même réussi à travailler avec lui durant des années. Les recherches du philosophe et épistémologiste Vumbi Yoka MUDIMBE est une source inépuisable. Ensuite, Marianne ESHET car elle a proposé ma candidature pour entrer à la Fondation où j’ai travaillé 5 ans.

Toutes ces rencontres m’ont enrichie. Par ailleurs, l’écrivaine Marie NDIAYE, notamment pour son ouvrage de nouvelles intitulé Les femmes puissantes.
J’ai pu ainsi m’inscrire vers de nouvelles perspectives de réflexions et d’autres visions du monde qui nourrissent ma pratique artistique de commissaires et ainsi que mes missions SNCF.

5. Est-ce que vous vous considérez comme une femme d’influence ?

Je ne sais pas, peut-être un peu dans certains contextes. En 2018, j’ai eu la chance de présenter deux expositions dans deux centres d’art à Paris et région parisienne.

Quelle réelle satisfaction ! Les projets auxquels je suis invitée ont lieu souvent à l’étranger. Ainsi, j’utilise ce dont j’ai accès pour le partager davantage et réfléchir avec certaine communauté d’acteurs pour impulser de nouveaux projets artistiques.

Mon sujet de prédilection : les rapports entre mobilités physiques et mobilités virtuelles (mouvement,
représentation, pratique) et leur lien avec l’art contemporain.

6. Quelle est votre ambition dans les 5 années à venir ?

Tenir un lieu d’art ou un département créatif. Je souhaite développer ce sentiment de créer et d’échanger notamment par des ateliers. Ecrire constitue la continuité de la pratique de commissaire, de la volonté d’exprimer des choses, de poser un regard sur notre environnement actuel et futur.En ce moment, je poursuis les recherches réalisées durant le concours La Grande Conversation sur ‘La ville de 2050’ initié par AREP suite à ma participation à deux projets.

7. Si vous aviez un seul bon conseil à donner à une personne quel serait-il ?

S’affirmer. Ne pas lâcher. Utiliser son talent, son intuition, toutes ses compétences, ses connaissances et son « imagination comme un savoir ». Même si cela doit être long. Il faut garder ce sentiment qui vous prend et vous anime pour trouver tous les moyens possibles afin de réaliser son projet. Parfois, il faut choisir des parcours indirects qui peuvent nous enrichir ou nourrir le projet en cours. Il y a des moments de doute mais c’est normal de douter.

8. L’égalité Hommes/Femmes sera réussie quand…

… les femmes s’affirmeront davantage. Elles doivent sortir de leur réserve et passer outre les
freins qu’elles s’infligent elles-mêmes.

Cette interview nous a été fournie par nos ambassadrices Women & Connexions, rendez vous dans 2 semaines pour un prochain portrait… Retrouvez notre précédent portrait ici