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Dans les coulisses du documentaire SNCF au Féminin

​​L’année 2017 a été notamment marquée par la diffusion du documentaire sur SNCF au Féminin. Dans ce cadre, le réalisateur, Stéphan Moszkowicz, a suivi les membres du réseau pendant de longs mois. Détour par les coulisses de ce grand projet, avec la rencontre de Stéphan et de Maëliss Bourthourault, l’une des protagonistes du film et…

Publié le 31/01/2018 à 11:40

​​L’année 2017 a été notamment marquée par la diffusion du documentaire sur SNCF au Féminin. Dans ce cadre, le réalisateur, Stéphan Moszkowicz, a suivi les membres du réseau pendant de longs mois. Détour par les coulisses de ce grand projet, avec la rencontre de Stéphan et de Maëliss Bourthourault, l’une des protagonistes du film et collaboratrice SNCF à l’Infrapôle Paris Sud-Ouest.

Stéphan, pouvez-vous nous raconter la genèse de ce documentaire ?

En Mars 2016, je suis consulté par Tulipes et compagnie, qui souhaite participer, avec 3 autres sociétés de production, à l’appel d’offres du film. J’ai 15 jours pour rédiger une note d’intention. J’ai à ma disposition quelques textes de présentation du réseau et des vidéos réalisées aux rencontres de Deauville. Comment parvenir à être convaincant, sans connaître véritablement ce réseau ? Je devais l’imaginer… Au final, je propose de réaliser un « documentaire du réel », en racontant des histoires de femmes de SNCF filmées sur la durée dans leur vie privée et professionnelle et qui, grâce au réseau, parviennent à se questionner et à surmonter leurs « fragilités ».

Comment, en tant que réalisateur, se prépare-t-on pour une telle production ? Quel a été le plus grand challenge pour vous ?

D’abord en s’imprégnant de ce qu’est le réseau afin que le film soit le plus fidèle possible aux valeurs qu’il défend. Ensuite en trouvant la méthode la plus efficace pour y parvenir ! Le vrai challenge a été de trouver les personnages du film : des femmes cadres, non cadres, d’âges variés, avec une problématique et surtout actives au sein du réseau. Mais le challenge ne s’arrêtait pas là ! Il a fallu ensuite les convaincre de participer, de se livrer, de révéler leurs fragilités, d’être filmées au travail ! Elles, mais aussi tout le microcosme autour d’elles : collaborateurs, conjoints, ainsi que toutes les personnes avec lesquelles elles interagissaient. C’est seulement à partir de là que je pouvais tenter de saisir l’extraordinaire de la vie ordinaire !
C’est ainsi que j’ai raconté l’histoire de sept femmes, par un seul et même prisme : l’importance d’oser. Oser aborder un sujet délicat avec son supérieur, oser changer de métier, oser prendre du temps pour soi, oser un management plus ferme, oser réagir à des comportements sexistes…
Cela tombait bien, car OSER est le credo du réseau !
Maëliss, vous êtes l’une des protagonistes de ce documentaire. Qu’espérez-vous transmettre comme valeur, à travers ce dernier ?

D’abord, le dialogue. Partout où je vais, cela semble être un problème. Il n’est pas toujours bien identifié mais souvent, c’est en rétablissant la communication que l’on trouve les meilleures solutions. Ensuite, j’aimerais que ce film serve comme un révélateur. Il trace des parcours et des histoires différentes. Hommes et femmes, nous nous sommes tous plus ou moins retrouvés dans une de ces situations ou posé telle question. La colère, la perte de confiance, la fierté : ce sont des histoires universelles ! Nous sommes beaucoup plus proches les uns des autres que nous le pensons. Nous devons simplement lever le voile du sexisme pour nous en rendre compte.

Stéphan, que retenez-vous de ce réseau, et de toutes les personnes que vous avez pu rencontrer au fil du tournage ?

La liberté de paroles et d’échanges provoquée par des relations a-hiérarchiques, dans les différents ateliers et programmes de mentoring. Le plaisir pour des femmes et des hommes de se rendre compte, lors d’ateliers ou de conférences, qu’ils ne sont pas seuls à vivre ce qu’ils vivent, à éprouver certaines difficultés… L’efficacité des ateliers de développement personnel : la parole d’un coach ou d’un conférencier prononcé au bon moment peut provoquer chez certaines personnes un déclic et une mise en mouvement.  La mise en abîme salutaire pour les « femmes du film » : elles OSENT participer au tournage d’un film, qui lui-même explore leurs difficultés ou capacités à OSER.
Si vous ne deviez retenir qu’une anecdote de ce tournage, laquelle serait-ce ?

 

Il est 22h30 à Aix en Provence chez Géraldine. Je dînais avec elle et ses filles. Je ne pensais plus filmer à cette heure-ci… En fin de repas, suite à une discussion sur la mixité et l’égalité hommes-femmes, j’ai l’idée de prendre ma caméra et de poser une question à Savana, sa fille : « Te sens-tu en confiance pour aborder ta future vie professionnelle ? ». Elle répond sans hésiter que grâce à sa mère, qui a toujours cru en elle et qui le lui a dit, elle ne doute de rien.  Je sais alors, ce soir-là, que cette séquence terminera mon film.
Le lendemain, je recevais un long SMS de Géraldine qui me remerciait d’avoir pu capter ces paroles ; ses filles ne les auraient peut-être jamais prononcées si je n’avais pas filmé.
En attendant que le film soit terminé, j’avais le sentiment d’avoir été utile !
Enfin, Maëliss, que souhaitez-vous à SNCF au Féminin ?

De grandir, bien sûr ! Pour demain, je vois un réseau ouvert avec un esprit de sororité entre nous. Il devrait être facile de prendre contact les unes avec les autres puisque nous partageons au moins cette même volonté de dialogue et de mixité. J’aimerais aussi que nous puissions avoir plus d’interactions avec d’autres mouvements comme les Happy Men. Les échanges que j’ai eus avec ceux de mon établissement m’ont confirmé que nous avançons dans la bonne direction !​